BIOGRAPHIE



Le passé déforme le présent, il le modèle, l’inonde, le perturbe, le scarifie. Comment s’en sortir ? La musique est une des solutions, comme une bouée, une lumière, c’est ce qui arrive au jeune banlieusard que je suis. Dans ma rue, au début des années 60, il n’y a pas de bitume dans la rue, pas de chauffage central, pas de baignoire, pas de téléphone, pas de chiottes à part au fond du jardin. Le jeudi, jour où il n’y a pas école, on joue aux cowboys et aux indiens, ou on va au bout de la rue voir passer des voitures américaines qui rejoignent une base militaire toute proche.  Dans la commune voisine, il y a un marché, je passe chaque fois devant une librairie qui vend des 45 tours, un jour j’entre avec quelques économies et j’achète « Love Me Do » des Beatles. Ma vie n’a plus été la même, du gris foncé je suis passé à des lumineuses couleurs, je me suis mis à rêver, à imaginer des mondes fantastiques, la Musique m’a pris la main, elle m’a permis de sortir de mon monde solitaire, elle m’a fait croiser des destins remarquables, elle m’a fait connaitre l’amour.

Je quitte l’école très tôt, afin de m’éloigner de mon mal être, j’exerce des petits jobs, je vis dans une petite chambre, un matelas posé par terre, entouré de centaines de vinyles, plutôt des 33 tours que je déniche chez Gévaudan Boulevard St Michel ou Lido Musique sur les Champs Élysées. Le destin me fait croiser le monde de la radio en 1976, je deviens standardiste de l’émission « Les Routiers sont sympa » de Max Meynier, cela se passe aux entrepôts Calberson, porte d’Aubervilliers à Paris. Quelle découverte ! Être en contact, avec les auditeurs au téléphone et les routiers venus prendre un café dans la salle d’attente du studio. Un jour, je viens avec un disque acheté dans l’après-midi, un Supertramp « Crisis What Crisis », Jean Pierre, le réalisateur écoute, trouve ça terrible, il le passe le soir même dans l’émission. Une émotion intense m’envahie, c’est donc cela la radio, un échange fantasmagorique, une fenêtre virtuelle par laquelle passe une intention de faire découvrir, avec de l’autre côté des humains qui attrapent le fil ou pas, c’est au-delà du réel, juste magique ! A cette époque, mon ambition est de faire de la programmation. En 1979, Jean Bernard Hebey anime « Poste restante », une émission qui a lieu le dimanche après-midi sur RTL, il a remarqué le prolongement de mon bras droit, un sac plastique à chaque fois rempli de 33 tours, il me donne ma chance, je programme son émission, du AC/DC, du Clash, du Bashung, du Jean Louis Murat, quel pied ! En 1980, la station de la rue Bayard, est à la recherche de jeunes animateurs, le tout jeune Laurent Ruquier envoie une cassette, et je fais un bout de maquette, WRTL Wango Tango est née. L’émission des « Sculpteurs de menhirs » va « repeindre le béton en couleurs » durant dix ans, elle s’arrête car le Metal ne plait à tout le monde…

Les bornes de jeux d’arcades, comme Pong ou Space Invaders, sur lesquelles je passe mes nuits des années 80 au Bus Palladium, me rattrapent au milieu des années 90, en même temps que les balbutiements d’internet, c’est la naissance de Zikweb, l’émission qui rapproche les gens, le foot a raison de notre communauté pourtant en grand devenir, c’est ça être visionnaire.

La suite a pour nom Pop-Rock Station by Zegut sur RTL2 et cela dure depuis 2001, j’y ai rencontré des gens talentueux, avec qui j’ai passé des soirées et des après soirées du tonnerre, merci les amis.

Pour des raisons personnelles, j’ai réduit la voilure, Pop Rock Station by Zegut, c’est une fois par semaine, le dimanche soir de 22h à minuit. J’écris désormais dans le magazine Rolling Stone France, je continue également mon chemin grâce à internet, podcast, playlist, infos, l’histoire de mon amour pour la musique continue à travers byzegut.com.

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Francis